A l’heure où il est continuellement répété que Bergoglio n’enseignant rien infailliblement, on peut continuer à le considérer comme pape tout en rejetant ouvertement ce qu’il enseigne au quotidien, il est important de recadrer les choses. L’enseignement non définitif de l’Eglise est-il « optionnel »? Peut-il contenir des hérésies ou des erreurs pernicieuses? Ces questions ne sont pas nouvelles et ont déjà été discutées par le magistère de l’Eglise et les théologiens approuvés. Monsieur l’abbé Dutertre s’efforce de clarifier les choses:

  • Le magistère universel de l’Eglise, quand il n’est pas définitif, n’est pas infaillible au sens strict. Ce magistère est appelé par les théologiens « magistère simplement authentique. »
  • Toutefois, il reste obligatoire pour les catholiques de l’accepter, intérieurement et extérieurement. Cette obligation est grave: la contredire est un péché mortel.
  • La doctrine enseignée de cette façon constitue ce qu’on appelle en théologie la « doctrine catholique. » C’est la doctrine officielle de l’Eglise, celle qui fait autorité dans l’Eglise.
  • Cette doctrine catholique, même lorsqu’elle n’est pas définitive, ne pourra jamais, cependant, être subtantiellement fausse, ni jamais contredire un point de foi auparavant défini.
  • Les théologiens parlent d’une sorte de « sécurité infaillible »: en suivant l’enseignement non infaillible de l’Eglise on reste sûr de ne pas mettre sa foi en danger, et même, comme le disent les théologiens, « par des actes non infaillibles les fidèles sont infailliblement dirigés. »
  • Le principe fondamental est simple, et c’est toujours le même: l’Eglise est l’unique moyen de salut. Si une doctrine est imposée dans l’Eglise (même de façon non infaillible), il est impossible qu’elle soit pernicieuse, sinon c’est l’Eglise même qui devient une voie de perdition.
  • C’est le même principe sous-jacent qui justifie la doctrine de l’infaillibilité pratique des lois disciplinaires de l’Eglise, des lois liturgiques, des canonisations des saints, etc.